Le médiateur numérique n’est pas un travailleur social, il collabore avec ce dernier. Et inversement…

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Acte 1 du Plan de Médiation en Numérique Social 2.0 en Val-d’Oise

En Val-d’Oise, l’association GSVO95 est un acteur du Numérique Social depuis 2010, date de la création officielle de l’association et de son Atelier Intergénérationnel Seniors Internet.

En 2008, le Numérique faisait une entrée fracassante dans notre vie personnelle après avoir envahi le milieu professionnel où ses ravages existent quoique peu connus. Les Seniors apparaissaient, peu s’en souvient mais beaucoup en parlent aujourd’hui, comme les premières victimes des usages de l’Internet. Ils faisaient l’objet de peu d’attention sauf à quelques associations, E-Seniors notamment et aux volontaires de l’actuelle Auberge des Solidarités & du Numérique.

L’AISI-Vauréal prépare nos aînés à communiquer avec les nouvelles « Générations du Net ». L’objectif de l’Atelier Intergénérationnel était clair et simple.


Le Numérique et l’action sociale

Aujourd’hui, « la dématérialisation impacte l’action sociale. Mais, jusqu’à quand ? ». Comme le fait remarquer dans son ouvrage « Enquête II. Les travailleurs sociaux, médiateurs numériques malgré eux », Michel Briand. Ouvrage dont nous allons commenter quelques extraits (voir les conditions d’utilisation des ouvrages de OpenEdition).

Les travailleurs sociaux sont-ils de véritables médiateurs numériques ?

Voici un extrait de la Synthèse de l’ouvrage qui pose la problématique :
« Le constat est unanime : le numérique est bien entré dans les métiers de l’Action sociale, même si des écarts subsistent selon les différents champs d’accompagnement investigués (budget, accès aux droits, insertion socioprofessionnelle, logement, hébergement d’urgence et accueil ponctuel). Au quotidien, Internet facilite un nombre grandissant de démarches et donne accès à des services nouveaux et innovants, améliorant ainsi le quotidien des professionnels et des usagers. La grande majorité des intervenants sociaux interrogés a une réelle appétence pour ces services qui viennent utilement compléter leur boîte à outils professionnelle ».

Et de façon préoccupante :
« Cependant, la problématique numérique demeure encore aujourd’hui le parent pauvre des politiques d’établissements au sein de l’action sociale. Cela se traduit concrètement par l’absence de procédure systématique de détection des problèmes numériques des usagers (équipements et connexion), l’absence de formation initiale des futurs intervenants sociaux à ces enjeux, la difficulté à établir des ponts avec les acteurs du numérique et à proposer des solutions innovantes et pérennes d’accompagnement des usagers ».

En d’autres termes le Plan de la Médiation en Numérique Social 2.0 en Val-d’Oise que proposent GSVO95 et ses partenaires EISTI, IMIE Paris et l’Agence du Numérique est à construire, entièrement.

Qui sont les autres acteurs ?
Il est évident que les « travailleurs sociaux » sont des partenaires naturels et incontournables de l’opération. S’ils sont « malgré eux, des acteurs du numérique », quand bien même ils ne sont pas des médiateurs numériques.


Alors, qu’est-ce qu’un médiateur numérique ?

Nous proposons le profil du Conseiller Médiateur en Numérique qui rassemble toutes les caractéristiques fondamentales  pour être au cœur du processus d’accompagnement à tous les niveaux des nombreuses problématiques provoquées par le développement du numérique et plus particulièrement celle de la dématérialisation des services publics.

Par son expertise de la médiation et du numérique, le (la) conseiller(ère) médiateur(trice) en numérique met en œuvre des actions de médiation à destination des utilisateurs pour favoriser leur autonomie avec les pratiques, les technologies, les usages et les services numériques. Il (elle) accompagne également des entreprises locales et des acteurs territoriaux pour leur développement dans l’économie numérique.

Le (la) conseiller(ère) médiateur(trice) en numérique exerce une veille en continu auprès des organismes, des acteurs de références et sur les démarches citoyennes, en lien avec son territoire d’activité et le secteur du numérique afin de maintenir son niveau d’expertise. Il (elle) développe aussi ses compétences de conseils et d’accompagnement sur le numérique dans les usages, la technologie et les innovations. Il (elle) exerce également cette veille pour se constituer un réseau de référents, d’acteurs et de partenaires. Il (elle) mobilise l’ensemble de cette culture numérique et les connaissances acquises dans le cadre de ses activités et prestations d’accompagnement et de conseils auprès des publics, entreprises ou organismes territoriaux.


Plus loin, une dernière citation de l’ouvrage de Michel Briand
« Enfin, on observe que les travailleurs sociaux de terrain, tout comme les directions, subissent la dématérialisation et sont peu outillés pour anticiper sereinement la probable transformation de leur métier induite par le développement du numérique. Cette situation représente un risque de perte d’autonomie qui renforce l’exclusion des publics les plus fragiles. Conscients de ces nouveaux risques, les intervenants sociaux lancent un appel sans équivoque pour renouveler leurs pratiques grâce au numérique, mais dans un sens qui les rapproche de leur mission« .

Nous concluons
Les travailleurs sociaux ne sont pas des médiateurs en numérique. Ils ont besoin de ces derniers. Une relation de collaboration les étreint l’un à l’autre. Le défi des fractures et des transitions sociale et numérique ne repose pas sur les épaules des seuls travailleurs sociaux. Il est l’affaire de tous. Surtout, il est aussi, voire davantage l’affaire des formateurs, acteurs des solidarités numériques que celle des professionnels stricto sensu de l’informatique.

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